Les Lauréats 2020
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Prix Varenne 2020 : une grande vitalité pour casser la morosité

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Les prix Varenne en année de la Covid, c’est 725 participants… Et la démonstration d’une grande vitalité de la profession qui a concouru plus que jamais dans les différentes sections.

Enfin les prix de la Fondation Varenne ! Il est vrai que le cru 2020 aura dû franchir tous les obstacles de l’année de la Covid empêchant en particulier les jurys de se réunir en présentiels. Raison de cette annonce tardive du palmarès qui a nécessité beaucoup d’échanges à distance.Mais quoi qu’il en soit de cette année particulière, la participation n’a pas flanché, les candidats toujours aussi nombreux pour un concours qui reste une référence dans la profession (725 participants). Cette participation est même en forte hausse dans la section photos (71 inscrits) et dans la section de la PQR-PQD (201 inscrits).

La Covid au centre des reportages
(Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP) Prix Canon national

Comme noté pour chacune des sessions, l’actualité marque de son empreinte les reportages proposés. Cette année c’est bien entendu la pandémie, mais plus largement le monde de la santé, de l’hôpital, et le bruit de fond des sociétés qui vont au rythme des courbes de la contagion, qui donnent le ton dominant des reportages. C’est ainsi que plusieurs photos primées évoquent le milieu des EHPAD et le temps du confinement avec l’AFP et La Voix du Nord. Dans la PHR c’est une représentante des « premiers de corvées », les auxiliaires de vie, reportage publié dans le Courrier Cauchois, qui est primé.Dans la presse mag (101 inscrits) le prix jeune journaliste salue un reportage exceptionnel du Monde Magazine à Bergame, la cité italienne la plus lourdement frappée par la Covid. Le thème de la Covid est aussi présent chez les jeunes JRI avec un reportage sur le long combat des rescapés diffusé sur TF1.

Questions sociétales en PQR-PQD

Les grandes questions sociétales transitent chaque année dans les sujets. 2020 n’y a pas échappé, notamment avec les thèmes retenus en presse quotidienne régionale et départementale. C’est ainsi que le Grand Prix récompense un journaliste du Journal de Saône-et-Loire pour son enquête sur le procès à venir d’une mère meurtrière d’un mari qui fut, jadis, son violeur. Quant au prix jeune journalistes, il prime le travail d’une candidate de la NRCO pour son sujet rarement abordé des menstruations chez les sportives de haut niveau « un tabou à briser ».On verra aussi que les grandes questions d’éthique ont interpellé les jurys avec le grand prix de la presse mag qui retient le thème de la mort et du respect (ou non-respect) des corps donnés à la science traité par L’Express.Bien sûr on n’échappe pas à des thèmes récurrents qui sont de toutes les sessions du concours parce que prégnants dans nos sociétés. C’est le prix jeune de la presse nationale avec un reportage de l’AFP sur la traversée de la Manche par des migrants. C’est le grand prix de la PHR avec un reportage de La Gazette de Nîmes sur la vie et la fin d’un SDF. L’environnement avec le prix jeune en radio pour un reportage d’Europe 1.

Une année particulière certes, une année atypique pour le travail de nos jurys, mais la démonstration de la vitalité de la profession et de la dynamique dans toutes les sections et notamment chez les jeunes journalistes. Ce n’est pas si mal pour une année que l’on disait morose.

Bernard Stéphan*

     *Ancien rédacteur en chef du Berry Républicain et rédacteur en chef adjoint de La Montagne, Bernard Stephan, collaborateur de la Fondation Varenne, est membre des jurys PQR et Presse magazine. Il assure notamment la pré-sélection des candidatures.

[LE PALMARÈS]