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Éditos d’un républicain engagé

Commentant la sélection des éditoriaux, dans la préface, Jean-Yves Vif, ex-rédacteur en chef de La Montagne, a retenu pour titre du livre Editos d’un républicain engagé. Et à cet égard, Jean-Yves Vif rappelle pourquoi le mot « montagne » a été choisi pour baptiser le journal lancé en octobre 1919 : « A l’évidence, la référence à la montagne évoque moins les sommets du Massif central que le haut des gradins de la Convention où siégeaient les montagnards de la Constituante, parti le plus proche du peuple. »

La lecture des éditoriaux publiés entre le 4 octobre 1919, jour de la création de La Montagne, et le 11 février 1947, date du dernier éditorial de son fondateur, situent la dimension de l’œuvre d’Alexandre Varenne, journaliste engagé et éditorialiste enflammé.

Sa liberté de ton et son engagement, sans faille, au service du « bien public » demeurent une exception dans le monde de la presse et de la politique avec un legs de quelques milliers d’éditoriaux, témoignage d’une carrière guidée par l’humanisme.

Un éditorialiste au service du peuple

En ce début de XXIe siècle marqué par un affrontement entre les populistes et les élites, le propos de Varenne n’a pas pris une ride. Publiés en Une de La Montagne, ses textes en effet ne se limitent pas à séquencer la marche du monde par des incantations. L’ancien compagnon de Jaurès, devenu plus tard avocat de Blum et Zay, préfère user de sa connaissance du monde politique en poursuivant sans relâche le chantier de la construction d’une société de progrès. Son écoute permanente des lecteurs et sa connaissance de la marche du monde, en particulier au niveau mondial, nourrissent quasiment chaque jour une ligne éditoriale inventive, tracée loin des cabinets ministériels et des salons parisiens.

Édito du 16 septembre 1944

Les éditoriaux s’enchaînent avec agilité : Cartel des gauches, politique colonialiste, tensions des années 30, Front populaire, Seconde Guerre mondiale, tous écrits de la même encre de l’indépendance dans une grande leçon de journalisme. Varenne part et repart des faits, ne transige pas avec eux. Puis, il les commente et souvent pousse plus loin par l’analyse. C’est après avoir posé son regard que sans crainte il donne son avis !
Jamais, même aux heures les plus sombres, il ne se démentira de son engagement éditorial à gauche, pas plus d’un permanent appel à la Concorde. Il s’efforcera d’informer le plus longtemps possible mais « brisera sa plume plutôt que de la mettre au service de la tyrannie » quand la censure finira par dénaturer le contenu de La Montagne. Justement l’éditorialiste reprend la plume pour permettre à ses lecteurs de se forger leur opinion.

Précurseur

L’indépendance du journaliste et du patron de presse précèdent même régulièrement l’action politique. Elle l’éclaire et ainsi Varenne, homme de la Troisième République, appellera de tous ses vœux à une constitution plus stable en rupture avec les jeux politiques. Le vieil homme, à la veille de sa mort, devient un précurseur redéfinissant la mission de la presse et du journalisme dans un nouvel espace démocratique : « le moins de politique possible et la politique ramenée à son vrai but, le bien public ».

En Avant, Encore et Toujours !

Jean-Yves VIF
Ancien Rédacteur en chef de La Montagne