14 novembre 2022

Les Prix Varenne sont l’écho des tensions du monde

Les jurys des prix Varenne ont donné leur palmarès 2022. Cette année l’actualité qui a été mise en évidence par les reportages en compétition était portée par la guerre en Ukraine, les conséquences quotidiennes de l’inflation, la question des migrants et celle du déclassement dans la société. Une édition exceptionnelle par le nombre de candidats ; ils étaient 622.

Quels sont les critères pour un prix Varenne ? C’est sans doute la question que se posent les membres des jurys qui ont rendu leur verdict après leurs réunions qui se sont tenues du 7 au 10 novembre.

Un reportage susceptible d’être lauréat d’un prix Varenne doit au moins répondre aux critères suivants : publié ou diffusé entre le 1er septembre 2021 et le 1er septembre 2022, une qualité d’écriture, une pertinence du sujet, une pertinence de l’angle de traitement, une capacité à capter son lecteur ou auditeur ou téléspectateur, une bonne contextualisation, une aptitude à dégager des émotions. Si le reportage fait sienne les valeurs d’Alexandre Varenne lorsqu’il fonda le journal La Montagne (une volonté de servir la démocratie et le bien public, un attachement à défendre la laïcité et tout ce qui fait le ciment de la République) ce sera un vrai plus, appréciable pour hisser le sujet sur le podium.

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Fondation Varenne JRI

De g à d : Claude Serillon Philippe Antoine, Francis Letellier, Stéphanie Davoigneau, Jacques Mailhot, Thierry Cabannes, Philippe Page, Christophe Kenck et Philippe Morand (abseznte sur la photo Nathalie Mauret) ©Fav

Les jurys 2022 avaient à tester un cru exceptionnel, en effet avec 622 candidatures dans les sept catégories, les records des meilleures années ont été battus depuis la création du concours en 1989. Ce qui tend à démontrer une fois encore que le concours Varenne est très couru dans les milieux professionnels et qu’en principe son attribution est une ligne appréciée sur les CV des candidats à un job dans les médias. A noter la présence de quasiment tous les grands médias nationaux et régionaux, y compris d’Outre-Mer, représentés dans cette édition du concours.

Les personnalités des jurys

Les jurys sont composés de journalistes et professionnels du monde des médias, de la communication et d’institutions. Quelques noms connus sont présents comme Sophie Bècherel de France Inter, Georges Malbrunot du Figaro, Patrick Roger de Sud Radio, Serge Barbet du CLEMI, Jacques Mailhot, président de la Fondation Varenne, Nicole Belloubet, ex-garde des sceaux, membre du conseil d’administration de la Fondation Varenne, Francis Letellier de France Télévision, Nathalie Mauret, éditorialiste au groupe EBRA, Claude Sérillon, journaliste à France Télévision et écrivain, Jean-Yves Vif, rédacteur en chef honoraire de La Montagne, Pascal Gateaud, rédacteur en chef honoraire de L’Usine Nouvelle ; Dominique Lagrou-Sempère, Grand reporter, Stéphanie Davoigneau, rédactrice en chef de 7 à 8, etc. En outre cette année ont trouvé place dans chacun des jurys les grand prix, lauréats de 2021, venus s’exercer à la difficile fonction de sélectionner leurs confrères.

De g à d: Sandrine ETOA-ANDEGUE, Philippe Page, Karim Benmiloud, Isabelle Poiraudeau, Marine Machefer, Catherine Mangin, Sidonie Watrigant, Béatric Denaes, Isabelle Chenu et Patrick Roger ©Fav

De g à d: Sandrine ETOA-ANDEGUE, Philippe Page, Karim Benmiloud, Isabelle Poiraudeau, Marine Machefer, Catherine Mangin, Sidonie Watrigant, Béatric Denaes, Isabelle Chenu et Patrick Roger ©Fav


La proximité vaut le bout du monde

Les jurys ont tranché en retenant non seulement des reportages pertinents, mais des techniques journalistiques qui démontrent la grande rigueur des candidats, notamment pour les grands prix. Ainsi la PQR-PQD qui consacre une véritable enquête d’investigation en région, démonstration que la PQR pratique un journalisme de rigueur et d’exigence en proximité. Le jury de la presse magazine nationale, très en phase avec l’actualité de ces dix derniers mois a consacré un grand reportage, très écrit, en Ukraine. La presse quotidienne nationale (PQN) retient deux exæquos, l’un focalisant sur l’angoisse des jeunes ruraux dans l’hexagone et l’autre prenant le pouls de la tragédie de l’Afghanistan un an après le retour des Talibans. Le grand prix Photo retient une image des déplacés du conflit au Tigré. Quant aux JRI, c’est l’actualité de l’Ukraine qui s’est imposée avec un reportage avec des ambulanciers volontaires. Quant à la PHR, c’est une question sociétale à l’honneur avec la démarche d’un couple gay pour avoir des enfants. Enfin en radios c’est aussi un thème de société qui fait débat qui remporte le grand prix avec un sujet sur le suicide assisté.

Dans chaque section les jeunes journalistes ont été récompensés, souvent avec de très beaux sujets qui illustrent la dynamique et la curiosité de la relève pour raconter le monde qui bouge, qu’il soit celui du pas de la porte ou d’un bout de la route aux antipodes.

Remise des prix le 14 décembre

La qualité et la rigueur professionnelle des sujets présentés à souvent été motif à débat entre les jurés. « Il faut trancher, et trancher ce n’est pas facile. Ce qui prouve d’ailleurs à la fois l’exigence du concours et la qualité des reportages présentés », a commenté Philippe Page, conseiller auprès du Président de la Fondation Varenne.

Les vingt-deux lauréats distingués cette année (grands prix, mention spéciale, prix numérique et prix jeunes) recevront leurs distinctions le 14 décembre prochain au cours d’une cérémonie qui aura lieu au siège de la Fondation à Paris.

Désormais il n’y a plus qu’à inviter jeunes journalistes et moins jeunes, à se préparer pour le concours 2023…

PALMARÈS

L’Album photos

[Lire aussi : Place aux jurys!]

Bernard Stéphan

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