Conférence histoire du journal La Montagne et de son fondateur Alexandre Varenne à la bibliothèque du patrimoine Clermont-Ferrand (photo MW ©)
sur-titre Alexandre Varenne,Fondation Varenne

Alexandre Varenne et La Montagne : de l’esprit de résistance à la révolution numérique

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La Bibliothèque du patrimoine de Clermont-Ferrand a rendu hommage à Alexandre Varenne et à La Montagne pour les 100 ans du journal. Plusieurs interventions ont brossé le tableau de l’histoire et de l’avenir du journal.
Le 17 octobre, à l’initiative de la Bibliothèque du Patrimoine de Clermont-Ferrand s’est déroulée, dans les locaux de cet espace culturel, une soirée rencontre sur le thème du centenaire de La Montagne, avec l’appui de la Fondation Varenne. Une soixantaine de personnes avaient répondu présentes pour écouter les divers intervenants qui ont brossé le tableau du siècle du journal, mais aussi la figure du fondateur Alexandre Varenne et le long compagnonnage entre La Montagne et ses multiples générations de lecteurs.

Homme Politique, Homme de Presse

Philippe Page, directeur général de la Fondation Varenne, ouvrait la rencontre en rappelant la mission d’utilité publique de cette fondation et l’esprit d’humanisme qui a toujours animé non seulement le fondateur du journal, mais aussi ses héritiers.

       Alexandre Varenne

Divers propos ont alors déroulé cette longue histoire. Jean-Louis Beltran, ex-chef du service photo, (*) a brossé la biographie d’Alexandre Varenne en s’appuyant sur le fond photographique, riche, qui a été légué par les archives Varenne. Plusieurs photos balisant la carrière politique, mais aussi celle du journaliste et la période du gouvernorat d’Indochine ont ainsi rappelé la vie d’Alexandre Varenne ; grande figure à la fois de la politique et de la presse sous la IIIe République.
Ancien rédacteur en chef, Jean-Yves Vif insistait sur les éditoriaux qui ont été la marque d’Alexandre Varenne. Ils ont donné le ton du journal et celui de l’engagement d’un homme qui a été un combattant de la République, au point de résister jusque dans son propre journal et de briser sa plume pour ne pas se soumettre à la censure de la puissance occupante (1).

(crédit photo Michel Wasielewski ©)
Un avenir aux multiples supports

Il revenait à Roland Seguy, rédacteur en chef adjoint de La Montagne, de brosser le tableau du journal d’aujourd’hui, de cerner les mutations en cours, mais aussi d’ouvrir les perspectives avec la transformation numérique qui fait de La Montagne désormais une marque qui diffuse l’information sur de multiples supports.
Rémi Bouquet des Chaux, ancien Secrétaire général des rédactions du groupe, évoquait l’engagement des journalistes sur le terrain. Être au plus près non seulement de l’actualité, mais aussi des lecteurs, telle est la fonction du quotidien régional.
Bernard Stéphan, ex-rédacteur en chef adjoint et ex-éditorialiste a ouvert le chapitre de la déontologie et de la charte des journalistes, tout insistant sur la vigilance qui est celle des rédactions pour rester dans les bonnes pratiques. Et il a rappelé cette maxime qui a souvent été celle de nombreux patrons de la rédaction qui ont succédé à Alexandre Varenne : rien ne sert de courir pour donner la bonne information, « un mot de moins, vaut souvent mieux qu’un mot de trop ».
Plusieurs questions du public sont venues compléter les exposés des uns et les autres, avec notamment un vif intérêt pour l’actuel périmètre du groupe Centre-France La Montagne, mais aussi pour la révolution numérique qui est à sa manière comparable à la révolution de l’imprimerie de Gutenberg.
 (*) Avec l’aide de Michel Wasilewski et de Pascal Chareyron, anciens photographes de presse.

Bernard Stéphan

  • Dans son journal de la période de l’Occupation (Journal d’un républicain engagé, tome 4, à la date du 14 septembre 1944, Alexandre Varenne qui prépare alors le n° de reparution de La Montagne qui sera datée du 15 septembre, explique ainsi sa démarche : « Il va me falloir en mettre un coup, comme dans ma jeunesse. Il est probable que je resterai au « marbre » jusqu’à une heure du matin. Heureusement on m’affirme de tous côtés que notre Montagne va faire prime. Le public attend le premier article du vieux républicain qui avait brisé sa plume en juillet 40. »
    Par ailleurs dans son premier édito de la renaissance de La Montagne, le 15 septembre 1944, titré La France est sauvée, il débute ainsi son texte renvoyant à son attitude pendant l’Occupation : « Le vieux journaliste qui cessa d’écrire il y a plus de quatre ans le jour où la tyrannie burlesque née de la défaite entreprit d’imposer le silence à toute pensée libre, a peur aujourd’hui que sa plume rouillée parvienne mal à traduire l’émotion qui l’étreint.