sur-titre Alexandre Varenne

Alexandre Varenne donne son nom à l’école de Bellerive-sur-Allier

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Héritage : l’école de Bellerive portera le nom d’Alexandre-Varenne (crédit photo FAV ©)

L’école maternelle de Bellerive-sur-Allier a pris le nom d’école Alexandre Varenne, en hommage aux engagements du fondateur du journal La Montagne, en présence de Daniel Pouzadoux, président de la Fondation Varenne, de son directeur général Philippe Page; d’Édith Caillard; de Marie-Danièle Campion, rectrice d’académie et du maire de Bellerive Jean-Michel Guerre (notre photo).

Anciens résistants, Alexandre Kaczerginski et Lucien Guyot étaient à Bellerive-sur-­Allier, lundi 30 septembre 2013, avec un trésor dans la poche. L’éditorial, ou plutôt l’appel, de La Montagne du 10 juin 1940, intitulé « Préparons la résistance ». Et signé Alexandre Varenne. «C’est pour cela qu’on est là », dit Lucien Guyot, venu rendre hommage au courage et à la plume incisive de l’homme politique, de l’avocat, du militant, du journaliste, du résistant.

De gauche à droite : Marie-Danièle Campion, Jean-Michel Guerre, Daniel Pouzadoux, Hélène Mouchard-Zay, Philippe Page et Edith Caillard.
L’héritage d’un homme de raison

Rue Charloing, derrière l’église du bourg de Bellerive, les quelque cent enfants de l’école maternelle n’ont à présent plus qu’à lever les yeux pour trouver l’inspiration. « Quoi de plus naturel et quelle fierté, a lancé le maire JeanMichel Guerre, de dénommer cette école maternelle, premier lieu d’apprentissage à la vie en commun, du nom de cet homme, fervent défenseur de l’ouverture des esprits. » Édith Caillard, présidente du conseil d’administration de La Montagne, Daniel Pouzadoux, président de la Fondation Varenne, et Marie­Danièle Campion, recteur de l’académie, étaient là pour accompagner ce geste symbolique, dans une ville où Alexandre Varenne aimait à passer « de paisibles dimanches », à partir de son installation en 1923.
Entre 1941 et 1944, il a souvent séjourné dans cette propriété sur les hauteurs, où écrit-­il, goguenard, « j’observe le grand cirque du gouvernement de Vichy ».

Former la jeunesse à la lecture de la presse

Édith Caillard a appuyé sur les racines d’un journal presque centenaire, avec les mots de son fondateur : «Il sera un journal vivant et complet, bien rédigé et bien présenté. Il renseignera sur tout, ne cachera rien et ne craindra personne. Nous sommes le 4 octobre 1919 et Alexandre Varenne exprimait sa conviction que c’est la vie des hommes qui fait la richesse d’un quotidien. Cette conviction est toujours la nôtre. »
Porteur de l’héritage d’un « homme de raison, d’audace et de cœur » à la tête de la Fondation, Daniel Pouzadoux a souligné les activités d’éducation aux médias, menées par la Fondation, en partenariat avec l’Éducation nationale : «Il est important d’aider les jeunes à se former à la lecture de la presse, à une époque où tout va si vite.»

L’esprit de Varenne soufflera désormais sur l’école

En 2014, cet objectif passera par un travail conséquent autour du centenaire de la Première Guerre mondiale. L’esprit de résistance Le conflit suivant a fini de forger l’aura d’Alexandre Varenne. Parce qu’il a « sabordé le journal le 27 août 1943, au treizième rejet de son éditorial par la censure allemande », a rappelé Jean-­Michel Guerre. Parce qu’il a été aux côtés du ministre du Front populaire Jean Zay, exécuté en 1944 par la Milice. Émouvante, Hélène Mouchard-­Zay a évoqué la puissante amitié entre les deux hommes. «Il a été pour mon père une aide dans la détention, il a été aussi une présence en prison. » Depuis hier, c’est cet esprit de résistance qui souffle sur les écoliers de Bellerive­-sur -Allier…